Villa IK
Le climat de Marrakech, à fortes amplitudes (saisonnières et journalières) exige de prendre en compte les aspects de confort thermique dès les premiers stades de conception, en appliquant des principes simples dont l’efficacité et depuis longtemps connue, afin de limiter les recours ultérieurs de mécanismes actifs (climatisation / chauffage).
La première démarche d’architecture bioclimatique adoptée est celle d’implanter les volumes de la maison de manière à tirer profit de la différence de chaleur entre le Nord et le Sud, qui induit naturellement une circulation d’air et permet à l’air chaud de s’évacuer par la simple ouverture de fenêtres. C’est un moyen très efficace de réguler la température dans les espaces intérieurs. La deuxième démarche concerne la perception du jardin, et la meilleure forme à donner au bâti de la maison pour que le jardin ait une géométrie cohérente.
Le jardin est souvent un «after-tought» dans la conception de villas, un espace résiduel, un «non-pensé», ce qui est antinomique avec l’envie initiale d’acquérir un terrain. Le focus est très souvent donné à l’intérieur, quant en réalité ce dernier ne peut être envisagé hors de son contexte.
Ici, le mouvement a naturellement porté vers une courbe qui induit un mouvement centrifuge vers les limites du terrain, ouvrant perpendiculairement à la ligne de fuite la plus longue du terrain. Ce mouvement permet de déployer des angles de vues intéressants sur le jardin. Il engage également une découverte progressive de l’espace.
La spécificité du fonctionnement de la famille dans cette maison tient au fait que les parents travaillent à domicile. Au-delà de la contrainte d’avoir deux bureaux, cela implique surtout que contrairement aux gens qui «partent travailler au bureau», eux passent toute leur journée dans un même endroit, à la maison. C’est pour cette raison que la première intention conceptuelle a été de dessiner des séquences différenciées selon les fonctions principales et les moments de la journée :
- Se lever et se préparer pour sa journée
- S’isoler, se concentrer, et produire
- Se retrouver, échanger
- Se reposer, au calme
Cette organisation en séquences permet d’offrir des parcours non linéaires, rythmés par des ouvertures sur des espaces extérieurs, et s’adaptant aux saisons, de manière à ce que les transitions entre les blocs programmatiques soient conscientes et animées.
Enfin, la maison étant une maison pour la famille mais également pour pour chacun de ses membres, le plan s’est organisé autour de la capacité à réunir autant qu’autour du besoin de se retrouver seul. Ainsi 4 grands blocs sont formés :
- A deux : les parents
- A deux : les enfants (mais chacun avec son espace dédié)
- Ensemble : cuisine, salons et jeux
- Seul : les bureaux et l’atelier.
Le bloc de regroupement («Ensemble») est naturellement au centre, faisant le lien entre les deux blocs dédiés aux parents et aux enfants. Les blocs des «espaces à soi» sont quant à eux plus en retrait, mis en perspective. Leur accés est animé par une ouverture sur un patio. Les patios n’ont d’ailleurs pas ici une fonction simplement ornementale, puisqu’ils agissent comme des fi ltres visuels, une halte fonctionnelle, et enfi n des exutoires bioclimatiques
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